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Publication Audrey Chemouli 25 février 2020

Interprofessionnalité : se lier pour se renouveler

Pourquoi œuvrer pour l’interprofessionnalité ? Quel avantage en particulier y voyez-vous ?

D’après Audrey Chemouli, une SPE ne permet pas uniquement de travailler ensemble : cette structure permet de proposer une offre commune, donc c’est un changement de façon de travailler, un changement d’offre. Le principal intérêt de la SPE, c’est la nouvelle offre proposée aux clients par ce biais. La nouveauté, c’est que cette structure doit être réfléchie autour des besoins des clients, puisque c’est autour de ce projet que la société va se constituer : du choix des professionnels aux règles de fonctionnement.

Pour Frédéric Roussel, l’interprofessionnalité a toujours existé de façon informelle, mais le monde change et certains clients voient un avantage à trouver au sein d’une seule entité juridique les professionnels susceptibles de les accompagner. Rémy Seguin confirme : il n’existe pas un seul cabinet d’expert-comptable qui ne collabore pas régulièrement avec au moins un cabinet d’avocat ; l’interprofessionnalité répond à une demande des clients, souvent pluridisciplinaire.

Les SPE sont-elles le bon outil pour développer l’interprofessionnalité ?

Audrey Chemouli rappelle que la SPE n’est pas synonyme d’interprofessionnalité : cette dernière va du réseau informel à la SPE (forme la plus avancée, dite d’exercice), en passant par l’interprofessionnalité capitalistique (par exemple une holding). Rémy Seguin précise que la création de sociétés regroupant plusieurs professionnels est un moyen bien plus efficace et sûr d’organiser cette coopération, et souligne que la France était à la traîne sur ce sujet. Pour Audrey Chemouli, ce cadre législatif est souple (un point positif) mais flou, ce qui en est le revers.

Quels obstacles devront être levés ?

Audrey Chemouli souligne d’abord la valorisation des cabinets, qui se fait de façon totalement différente selon les professions (jusqu’à 60% d’écart de prix pour des chiffres d’affaires équivalents) ; mais ce frein n’est pas permanent. Frédéric Roussel ajoute un obstacle psychologique : c’est un outil nouveau, qui n’a pas encore fait la démonstration avérée de son utilité. Sur la déontologie, le secret professionnel et les conflits d’intérêts, il faut mettre en place des règles claires et travailler à l’identité de l’entreprise ; ces points s’anticipent en amont lors de la création de la structure.

Quelle amélioration pourrait booster la mise en place des SPE ?

Pour Audrey Chemouli, il faut que les exerçants se rendent compte que, face aux legaltech notamment, il serait dommage de ne pas profiter de ce que les SPE permettent. Frédéric Roussel explique que le notariat s’est investi pour promouvoir les SPE et pour mettre au point un véritable Guide de la SPE. Audrey Chemouli conclut : l’interprofessionnalité est un moyen de se développer, comme cela s’est fait dans de nombreux domaines tels que la banque.

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